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AM-ISRAËL-FARAFINA (AFRIQUE) Association multi-culturelle JUIVE 
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Le pavillon ghanéen imaginé par l'architecte et designer David Ajaye fait sensation dans la Cité des Doges !

Publié par : Hermann EKRA | le 2019-05-09 08:47:56
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 Le Ghana a soigné sa première sortie sur la scène artistique mondiale à telle enseigne qu'elle est déjà inscrite dans les annales de l'art global.

Ce succès retentissant est le fruit d'un écosystème qui se construit patiemment, entre une scène créative dynamique et un État soucieux d'inscrire ses politiques publiques au-delà de l'impressionisme que constitue l'imaginaire de développement. Sans improvisation.

À observer ces jours-ci à partir de Dakar les fondements de politiques culturelles d'un pays comme le Sénégal, il me semble que le rêve d'une Renaissance culturelle transafricaine n'est pas vain, pourvu que l'on introduise un peu de rationalité dans ses choix et que l'on jette aux orties les complexes identitaires et les préjugés idéologiques, qui prévalent malheuresement à l'intérieur de nos États et transforment nos scènes créatives en champs de conflits larvés. Les artistes et le rayonnement du Continent y perdent substantiellement .

Pour ne citer qu'un exemple dans notre Côte d'Ivoire voisine, l'architecte et designer Issa Diabaté, retenu par le groupe d'ameublement suédois IKEA dans un projet global et que j'avais associé en 2010 à mon commissariat, avec le dessinateur de presse Lassane Zohoré ( patron de l'hebdomadaire d'humour et de Bédé), dans la perspective de l'exposition du Cinquantenaire de notre pays, a suffisamment d'expertise et de génie pour dire au monde une parole poétique de Côte d'Ivoire.

Au lieu de quoi, nous passons d'une édition l'autre, sans laisser de trace. L'exposition n'est pas seulement une affaire de sélection, mais un discours sur soi, une relation aux autres, une construction d'un rapport d'altérité. La force des oeuvres plasticiennes de El Anatsui, de Ablade Glover ou du truculent Godfried Donkor, ne souffre de doute pour personne. Mais il faut non seulement David Ajaye mais aussi le philosophe Kwame Anthony Appiah pour nous rappeler combien le Ghana est riche de souffle et pour en saisir l'intensité vibratoire. Kwasi Weredu, l'anthropologue de renom et philosophe de la culture, aurait pu prendre sa part à la fête, sans que Appiah n'ait à souffrir de quelque complexe ou de quelque susceptibilité que ce soit !

La sélection ivoirienne présente Ernest Dükü et Annias Léki Dago, mes compères du Collectif texte-caché que j'ai eu le bonheur d'accompagner respectivement dans leur exposition de retour en Côte d'Ivoire, et avec lesquels nous avons partagé les prémices des séries qu'ils exposent aujourd'hui comme fruit de leur maturité artistique. Ils portent notre étendard et sont notre fierté.

Je souhaite donc à mes amis Ernest Dükü, Ananias Léki Dago et Valérie Oka (une designer de grande facture), une éblouissante et mémorable Biennale et puis les assurer, qu'un jour demain à Venise ou (sait-on jamais?), à Kassel comme me l'a prédit à Asùncion une curatrice des Indes occidentales ... Climbié !