email webmail
 
fr eng heb
 
   pays
AM-ISRAËL-FARAFINA (AFRIQUE) Association multi-culturelle JUIVE 

L'Empire contre-attaque, conversations avec...
Yinka Shonibare MBE.

Publié par : amifa | le 2019-04-27 06:03:38
publication
 

Il y a quelques semaines, la planète artistique s'émouvait de voir entrer à la London Tate Modern l'installation The British Library, de Yinka Shonibare CBE ( Commander of the Most Excellent Order of the British Empire). Cette oeuvre met en exergue l'impact des mouvements migratoires sur une culture britannique de plus en plus insulaire, depuis que les sujets de Sa gracieuse majesté se piquent de Brexit.
Comment ne pas voir dans le titre même une forme de suite à la Bibliothèque coloniale, théorisée par Valentin Mudimbe (The invention of Africa, The idea of Africa)?
Yinka Shonibare CBE explore le legs impérial d'une façon subversive, employant toujours l'arme subtile et redoutable qu'est l'ironie. Son oeuvre nous rappelle avec insistance, que le pagne Wax des conquérants néerlandais devenu un emblème africain, était initialement destiné à la vêture des Indonésiens !
Il y a près d'une décennie, Yinka Shonibare MBE (Member of the British Empire), s'installait majestueusement à la Villa Sauber du Nouveau Musée National de Monaco, avec Looking Up..., une exposition comprenant plusieurs médias (Maquettes, sculptures, photographies, vidéos). Un ravissement !
Cette exposition monégasque, avait donné lieu à une conversation entre Yinka Shonibare MBE et moi à Dakar au Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN) dont il était l'invité et en marge duquel j'assumais l'accompagnement curatorial de Condition urbaine, une exposition du plasticien Ndoye Douts soutenue par la Mairie de Dakar.
Je sortais transi d'une lecture éblouissante du livre de Achille Mbembe justement intitulé : Sortir de la grande nuit (La Découverte). Avec l'intuition de ce livre Mbembe fut d'un apport considérable à la réflexion sur la condition afropolitaine, notamment sur le versant du potentiel créatif.
Yinka Shonibare MBE me confiait n'avoir jamais entendu parler avant cela de ce débat encore un peu confidentiel, mais il se disait très intéressé par cette approche qui intéressait également Salah Hassan le comparse de son prodigieux compatriote Okwui Enwezor avec lequel il animait la revue new-yorkaise Nka. Salah Hassan s'était fendu d'un opuscule sur le concept pour la fondation néerlandaise Prince Claus ( Rethincking cosmopolitanism: is "afropolitan" the answer ?).
Yinka Shonibare MBE envisageait lui-même alors, un projet d'opéra tambouriné qui devait donner un supplément d'âme à ce mouvement de retournement du signe, du sens et de la logique d'Empire.
Nous nous étions dit qu'un jour, peut-être, nous collaborerons tous les deux. Je n'ai pas renoncé à ce rêve et à de nombreux autres. Un jour, demain quelque part dans le monde ... Climbié !